Le déneigement Québecois ...

Quelques photos des vrais déneigeurs de la ville, une semaine après la tempête, en action ...


Pour tout vous dire, c'est un ballet sacrément orchestré qui est lancé quand la couche sur les routes dépasse les 15 cm. En dessous, la neige est juste poussée des trottoirs et de la route sur le bord de cette dernière, et sous 2.5 cm, c'est le sel qui travaille.

En premier, il y a les panneaux interdisant le stationnement placés 12h avant. 
Si on a le malheur de laisser sa voiture ...
... les remorqueurs passent quelques heures avant et utilisent des sirènes spécifiques histoire d'alerter le malchanceux propriétaire que s'il ne bouge pas sa voiture incessamment sous peu, il va se faire remorquer dans une autre rue (ce qui en soit n'est pas trop grave, sauf pour retrouver la voiture ...) avec une amende en prime (ça, c'est moins drôle !).
Quand il y a autant de neige d'un coup, il y a un premier passage de la souffleuse pour enlever une grosse partie de la neige et l'envoyer dans les remorques de camions qui avancent en parallèle. Un peu comme pour les moissons dans les champs.
 
C'est pas de la petite souffleuse !
(ni du petit camion non plus !)
Puis, il y a les petites bombardiers (la petite jaune, celle qui vous refait une voiture en moins de deux. Mon assureur s'en souvient encore !), appelées aussi "grattes" à trottoir, qui déblaient les trottoirs et mettent tout sur la route. 
Elles font ça en plusieurs passes, histoire de racler la glace qui s'est formée en une semaine, mais surtout à une vitesse qui rend dangereux de se trouver sur le même trottoir !
Puis les engins de chantier, munis de lames en tout genre, font un gros tas le long du côté droit de la route, en raclant bien les caniveaux (en cas de dégel, pour que les écoulements se fassent bien).
Hélène voulait prendre la pose, donc la pause s'impose ...
Reprenons le travail ...
Enfin la souffleuse intervient une deuxième fois et répète le premier acte avec les camions.

Il arrive que dans la neige se cache quelque chose de suffisamment dur pour abîmer la souffleuse ...
En l’occurrence, ici, un axe d'articulation d'un des engins (un cylindre métallique plein de pas loin de 30 cm de long et de plus de 5 cm de diamètre). La souffleuse est brisée et ne repartira pas. Alors qui dit pause, dit pose :
Et un petit ange dans la neige plus tard, une autre souffleuse vient prendre le relais. 

Après quelques finitions en reprenant les petites bombardiers et d'autres engins un peu plus gros ...
... c'est propre.

Et le lendemain ou sur-lendemain, ils passent faire l'autre côté de la route.

On se demande juste ce qu'ils font de la neige.

Je suis passé à côté de ce qu'ils appellent une zone de stockage de la neige (qui fondra au printemps). On y voit les camions qui vident leurs remorques, et des pelleteuse et bulldozers qui entassent, et une souffleuse géante dont on voit de loin l'impressionnant jet de neige qui monte une colline, que dis-je, une montagne de plusieurs dizaines de mètres de hauteur de neige sur une surface aussi grande que le centre commercial qui est à côté ...

Pour donner un ordre d'idée, ça prend une dizaine de jours, 3000 travailleurs de la ville en rotation 24h sur 24, 7 jours sur 7, 2200 engins pour déblayer la ville au complet. Le tout pour un coût estimé de 20 à 30 millions de dollars ...
Il faut dire que le cumul à éliminer est de l'ordre de 60cm de neige. Ça fait du volume et du poids (1cm de neige fraîche équivaut à peu près à 1mm d'eau).

Voilà, c'était le post "gros camions", "engins", "technique" et "chiffres". 



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